exploration extime

Des commencements…

L’ARTEFACT DE LA DISTANCE 17 mai 2009

Filed under: L'autre — irisevol @ 5 05 44 0544

Après une fugace ivresse et l’angoisse de le retrouver, circuler en vélo en essayant de se souvenir du point mort : les quatre doigts de l’homme, qui ne l’avait pas retenu, mais qui vérifia néanmoins sa faculté d’envol.

Se retourner, se retourner, se retourner ; soudain la répétition, seule réponse probable au bord d’une maturité acquise aux larmes, qu’il vola un dernier baiser pour la tuer dans la noblesse de ce désir : elle le souhaita.

Elle n’anticipa guère l’excès d’émotion à l’encontre de son corps, et elle comprit enfin son insistance à franchir des frontières afin de parcourir des petits chemins mystérieux, pour cette bouche impossible à goûter, sa force contre sa joue rose, et elle s’émut de la générosité de cette peau sur son visage.

Il eut l’élégance que tant d’autres ne possèderaient jamais, et si vivre de nostalgie tuait le présent, difficile pourtant de se dérober à l’évidence de sa justesse. Il fut là comme il faut être, comme elle l’espéra dans le meilleur de ses rêves.

Elle rentra à l’hôtel, pénétrée d’une douce terreur ambigüe, avec ses yeux fins et ses regards délicats d’homme dont la discrétion fut l’empreinte d’une conquête définitive, elle avait succombé pour cela, et ce soir de printemps elle s’inclina encore face à sa beauté intacte.

Il en alla de cette relation aux sublimes orages comme d’une question, soit on y pensait constamment pour essayer de comprendre, de répondre, soit l’inverse en cessant toute action pour trouver l’énigme ; mais il suffisait de retenir, entre nos mains, la tentation dont on s’éloigna pour saisir l’artefact de la distance.

Elle voulut être la chantre de tout ce qui avait été vécu ; la dentelle tragique de ce qu’ils n’avaient su témoigner d’amour et elle songea même à cette injustice commise, parfois, de croire que la séparation put devenir une délivrance, alors que la liberté retrouvée fut aussi les jours partagés avec lui.

La vie serait insuffisante pour inventer le pèlerinage sentimental d’un manque d’audace et pour l’aimer au-delà.

 

Une réponse à “L’ARTEFACT DE LA DISTANCE”

  1. OUplala dit :

    magnifique de justesse et de pudeur !


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